SYNDROME D'ASPERGER

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 Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...

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Geo



Nombre de messages : 21
Date d'inscription : 06/09/2010

MessageSujet: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Lun 11 Oct 2010, 10:23

... fils d'un très probable papa Asperger et papa d'un potentiel fils Asperger!

Je n'ai pas besoin de vous expliquer pourquoi je suis ici pour témoigner. Cam ma petite femme a trouvé ce forum en se documentant pour notre fils. Je m'y suis inscrit et j'ai apprécié l'ouverture d'esprit dont vous faite tous preuve.
Et c’est un peu grâce à ça que j’ai décidé de témoigner à mon tour. Pas forcément pour vous parler de mon fils, car nous l’avons déjà fait, mais pour vous parler de moi. Si mon témoignage peut servir à d’autres parents en fournissant le recul d’un adulte sur ses propres difficultés.
Car durant nos lectures concernant le syndrome Asperger, ma femme et moi avons été régulièrement choqué par le fait que cela ne semblait pas uniquement expliquer des choses pour notre fils, mais aussi pour moi. C’est une véritable révélation, comme si d’un coup, un voile s’était levé, comme si subitement, un monde en noir et blanc était passé en couleur.

Tout cela est extrêmement personnel, et je crains un peu de le poster sur un forum publique, mais cela me fait tellement de bien de l’écrire… C’est un très long post, je m’en excuse 

Dans mon enfances, et disons, les 10 premières années de ma vie d’adulte, j’ai toujours été à part, au sens propre, comme au figuré. Mais avant de découvrir les symptômes liés à ce syndrome, j’associais ces différences à des causes environnementales :
Je suis fils unique, d’une part, et j’ai déménagé de nombreuses fois (souvent plusieurs fois par an) sur de longues distances ; ce qui expliquait selon moi, le fait que j’étais extrêmement solitaire.
Je pense que ce simple fait me permettait d’expliquer la plupart de mes « petites particularités ».

Il serait difficile de tout aborder, mais je me dis que du haut de mes 33 ans, j’ai suffisamment de recul pour analyser certaines choses qui me semblaient étranges auparavant, pour peu que je m’en souvienne. Car bizarrement, j’ai découvert avec le temps que j’avais besoin de beaucoup de concentration pour me souvenir de mon enfance (En fait plutôt de tout ce qui précède mon environnement actuel: travail / famille / location), comme si quelque chose bloquait, alors que certains microscopiques détails, souvent liés à mes échecs, restent clairs comme de l’eau de roche dans ma mémoire. J’ai l’habitude de plaisanter avec mes collègues qui me surnomment Dori (le poisson amnésique de Nemo) sur le faite que si une information n’est pas vitale pour moi au travail, je ne m’en souviendrais pas. Je pourrais juste ajouter à cela : à moins que cela soit relatif à quelque chose qui me passionne ou m’intéresse vraiment, et là, je fais preuve d’une mémoire sans faille.

A part ces toutes dernières années, je n’ai jamais réussi à m’intégrer dans un groupe. Aussi loin que je me souvienne, j’ai été solitaire et exclusif dans mes amitiés. Et nombre de fois, lorsqu’un groupe discutait, j’étais toujours et étrangement « en dehors du cercle », comme si, malgré mes tentative, les autres refermaient inconsciemment le cercle pour ne pas que j'y rentre.
Ce phénomène est encore aujourd'hui courant pour moi, et comme je suis très poli, je ne force jamais le passage. De toute façon, pour parler franchement, si je dois parler à 2 personnes en même temps, celle qui me correspond le moins est toujours de trop .
J’avais au plus un ami auquel je me rattachais avec passion, jusqu’à ce que je sois contraint de déménager à l’autre bout de la France et tout recommencer à zéro. Souvent, je ressentais le besoin d’être entouré, mais rapidement je ne supportais pas la présence des autres. Mes parents m’ayant toujours gardé dans un cocon hermétique, j’imagine que cela ne m’a pas aidé.
Je crois que c’est le paradoxe le plus probant chez moi, car aujourd’hui encore, c’est un casse-tête que je n’ai pas su résoudre ; même si je pense avoir trouvé inconsciemment des méthodes de contournement qui me permettent de progresser socialement (dans un environnement familiers toutefois !).

Certains faits marquants semblent jalonner ma vie et étayer cet argument, et tous semblent liés à un ou plusieurs symptômes listés sur les différents sites que nous avons visités:
- Lorsque je suis entré au CP en France, alors que je venais de passer ma maternelle en Afrique (durant un des premiers déplacements de mon père), mes parents ont été convoqués à l’école à plusieurs reprises. En effet, je refusais de m’habiller, voulant rester en slip « comme en Afrique », et je retirais donc tous mes vêtements, ce qui n’était pas vraiment compatible avec les mœurs et le climat local !
- Lors de la seconde moitié de mon CP, dans une autre école, mes parents m’ont soudain vu régresser complètement. Je ne savais plus écrire, et l’école me faisait peur.
Après enquête, la maitresse, qui était de la vieille école, avait décidé de faire du gaucher que j’étais, un droitier. N’arrivant pas à obtenir un résultat, elle a décidé de me mettre au fond et dos à la classe.
Mes parents ont associé cet évènement au changement de main, mais je me demande aujourd’hui s’il n’y avait pas plus.
- Durant cette période, je faisais preuve d’un très pauvre sens de l’équilibre, en témoignent les cicatrices de la trentaine de point de suture que j’ai sur le front.
- Enfant, ma mère m’a souvent raconté que j’aimais faire venir des amis à la maison de temps en temps, mais que je m’en lassais très vite. Soudainement, il fallait qu’ils s’en aillent, et à défaut, je jouais dans mon coin, comme s’ils n’étaient plus là.
- Au collège, j’ai été plusieurs fois « interdit de question ». Lorsque ma mère a demandé aux profs pourquoi cette étrange traitement pour un élève qui était pourtant brillant, ils ont répondu que j’allais trop vite, que je posais question sur question à propos des choses dont ils allaient parler ultérieurement dans le cours. La solution la plus simple était donc de m’interdire tout simplement de leur poser des questions.
- Malgré mes déménagements, mes parents ont toujours essayé de me remettre dans un environnement « équivalent », ce qui n’a pas été possible lors de mon année de 3ème. Je suis tombé dans un collège difficile de la banlieue Lilloise avec une culture qui m’était complètement inconnue. Ce fut la pire année de toute ma vie, et en écrivant ces lignes, je me souviens que mon premier refuge a été de me joindre à la population malentendante de notre collège. J’imagine que ce n’est pas un hasard… J’ai complètement sombré cette année, et je suis passé du statut de bon élève au statut de très mauvais élève. Les professeurs ont néanmoins forcé mon passage en seconde malgré une moyenne catastrophique, car ils n’étaient pas dupes. Ils savaient qu’en me gardant une nouvelle année, ils allaient me perdre complètement.
- Toute mon enfance, mes parents m’ont gardé dans un cocon, et moi je suivais les consignes à la lettre, sans essayer de boire, fumer, ou même sans demander à mes parents de sortir le soir. En gros, je ne faisais rien de différent de la routine, mis à part une passion qui m’est venue durant les années de lycée : Les jeux de rôles.
Je crois que c’est le seul groupe constitué durant mon enfance dans lequel je me sentais à l’aise. Ça a été un véritable exutoire pour moi, même si mes parents ont été très vite effrayés lorsque je m’exclamais avoir « tué un dragon », « rencontré des vampires »… Mes seuls autres passions étaient l’informatique, le dessin, la science-fiction… un vrai geek quoi.
- Plus tard, j’ai décidé de faire mon service militaire dans la gendarmerie, j’avais toujours voulu rentrer à l’armée, fasciné par les règles et la rigidité qui y étaient associées. Je crois que ça me rassurait. Ce fut ma toute première expérience d’adulte, loin du cocon familiale. J’étais dans une petite brigade, seul gendarme auxiliaire. Hors des heures de service, je vivais dans un hospice. Aujourd’hui, en y repensant, je me rends compte que c’était parfait, que je m’y sentais parfaitement à l’aise. Je rentrais le soir dans ma chambre, et je n’en sortais que pour récupérer mon plateau repas (si par chance, mes camarades âgés ne m’avaient pas volé tout ce qui s’y trouvait, comme le soir du réveillon de noël, où rentré suite à une intervention tardive, mon plateau était vide, mise à part quelques petit poids).
- Je me suis ensuite engagé dans l’armée, persuadé de trouver cet environnement rigide dont j’avais besoin. Ce qui fut le cas durant les mois d’école, mais pas du tout par la suite. C’est aujourd’hui la seule période de ma vie qui me fait douter de mon appartenance aux Aspies, comme vous les appelez... Outre le fait, peut-être, qu’on m’inculquait tout un canevas de règles dans lesquelles je me sentais parfaitement à l’aise. J’ai toujours été rassuré par les consignes et les règles.
Mais les choses sont… « rentrées dans l’ordre », si je puis dire, lors de mon intégration en régiment, ou, comme pour mon année de troisième je me suis retrouvé comme un extraterrestre parmi les terriens.
Impossible de m’intégrer, j’étais très apprécié de mes subordonnés, et surtout de mes supérieurs, car justement, j’appliquais à la lettre les règles qu’on m’avait apprises. Rendant compte de chaque évènement, de chaque problème, ils n’étaient jamais pris au dépourvu, ce qui, vous en conviendrez, est parfait lorsqu’on tient un poste à responsabilité. Mais cela n’aide pas à s’intégrer, lorsqu’en agissant ainsi, nos camarades sont emportés par la vague des conséquences de ma loyauté envers ces règles. J’ai très vite retrouvé ma place de reclus, en restant toutefois très apprécié de mes chefs, ce qui est encore le cas aujourd’hui, même si, d’expérience, je fais aujourd’hui très attention aux dégâts collatéraux en parlant un peu moins franchement (un comble!!!) !
- J’ai rencontré ma femme, et je me suis raccroché de toutes mes forces à ce petit ilot de sécurité dans un océan d’inconnu(s). Et j’ai quitté l’armée dès que possible, pour chercher un emploi dans ce qui me passionnait : L’informatique (tant qu’à faire).
- J’ai ensuite commencé à construire cet environnement familier dans lequel je me trouve aujourd’hui. J’ai dû m’accoutumer au mieux à ma belle-famille, férue de petits rituels sociaux très intimidants et dans lesquels je n’arrivais pas à m’insérer (Je bois lorsque j’ai soif, donc l’apéritif est une expérience déroutante aujourd’hui encore, et j’ai souvent terminé mon second verre lorsque de concert, les autres annoncent « Un petit deuxième? »).
Je crois que si je n’ai pas fait de blocage sur eux (j’ai tendance après analyse, à ranger les gens dans 2 paniers : Les gens gentils et dignes d’intérêt / Les méchants ou inintéressants… et il est difficile de changer de panier par la suite car je ne m’occupe plus de ceux qui occupent le second panier), c’est qu’ils m’ont accepté comme j’étais et qu’ils n’ont jamais forcé le passage en essayant de m’imposer leurs rites (ce que les militaires ont fait chaque soir en m’ouvrant et me tendant une bière, puis en se moquant de moi lorsque je la refusait systématiquement).

J’ai conscience que les paragraphes précédents ne dépeignent pas forcément un Aspie, mais peut-être tout simplement un ours asocial appréciant particulièrement les règles et les environnements connus cherchant à excuser ses déviances… mais il y a tout le reste :

- J’ai toujours détesté les jeux de balle/ballons, car je n’ai jamais été très doué (ce qui ne m’a pas aidé en 3ème ou seul le foot semblait exister en sport pour mes camarades… j’étais toujours celui qu’on choisissait en dernier, après les filles). En fait, j’ai même toujours été nul pour être totalement franc…
- Aujourd’hui encore, je ne supporte pas les situations d’échec, qui sont une source de stress immense. Et j’ai donc tendance à ne me lancer que dans des projets ou je suis persuadé de réussir.
- Dans mes différentes activités, je suis obnubilé par les détails, ce qui me prend beaucoup de temps et d’énergie, car je ne peux rendre qu’un travail parfait, ou alors, je m’en sépare avec des appréhensions énormes qui m’habitent longtemps.
- J’ai toujours été extrêmement doué dans certaines activités, même inconnues avant. Mais associé aux deux points précédents, ma peur de l’échec et le souci du détail fait que je n’ose que rarement une seconde tentative après une première généralement parfaitement réussie. Sculpture, dessin, mes reproductions sont extrêmement fidèles. Mais je n’arrive pas à trouver l’imagination pour créer quelque chose de bien à moi.
- J’ai besoin de tout classer, de tout référencer et je suis un grand collectionneur. Je me suis rendu compte néanmoins que même si ces collections me semblent indispensables pour « me qualifier », elles me frustrent énormément, car je n’aurais jamais le temps de lire tous mes livres, ou jouer à tous mes jeux. Je serais désespéré si je perdais l’une d’entre elle.
- Je suis toujours à fleur de peau, et je me retrouve très rapidement submergé par la tristesse, la colère ou la crainte. Un simple enchainement de notes de musique peut me faire pleurer… et ce de manière systématique (J’ai d’ailleurs une excellente mémoire musicale et une bonne oreille), et je n’ai pas de blocage social à ce niveau. Que je sois entouré ou non, si je dois pleurer, je pleurs !
- Je suis intransigeant avec les autres et j’attends d’eux qu’ils suivent les règles comme je le fais (ce qui est rarement le cas, donc très frustrant !). C’est plus fort que moi, je n’arrive pas à le contrôler et ça me met très en colère lorsque je fais face à des injustices, même si aujourd’hui, j’arrive de plus en plus à me retenir.
- Il y a ensuite, plein de petites choses étranges : je suis aujourd’hui complètement allergique à certains mots, qui me donnent des frissons dans le dos lorsque je les entends (je ne peux pas les prononcer). J’ai régulièrement besoin de m’isoler, mais je ne supporte plus que ma femme et mes enfants ne soient pas là.
- J’ai régulièrement ce que j’appelle « La colonne vertébrale qui me gratte ». C’est comme une tension, un tremblement dans le haut du dos. Cela m’arrive en situation de stress, cela m’arrive lorsque je suis assailli par le bruit ou par les émotions. J’ai alors besoin de bouger, et je pense que si personne ne m’entourait, je pourrais courir en hurlant pour me soulager.
- J’ai régulièrement le besoin de tout reconstruire, car cela me permet de gommer mes erreurs (qui sont pour moi comme des petites plaies dans la bouche, qui ne guérirons que si on n’y touche pas, mais qu’on ne peut s’empêcher de toucher). Cela permet de stabiliser mon environnement. Je fais d’ailleurs souvent un ménage extrêmement profond chez moi. C’est une manière d’évacuer le stress ou la tristesse: Je vide une pièce complètement, je la nettoie, puis rien n’y rentre à nouveau tant qu’il n’a pas été nettoyé, dépoussiéré. Cela me permet de trier ce qui n’a rien à faire là et d’avoir la sensation d’avoir complètement éliminé la saleté.

Aujourd’hui, je réalise que si je suis devenu ce que je suis aujourd’hui, c’est au prix d’énormément d’effort d’adaptation pour un monde et surtout une communauté qui ne me comprenait que très rarement (et réciproquement). Je suis incapable de vous dire si je fais preuve d’empathie ou si j’ai appris à analyser les autres pour essayer de comprendre ce qu’ils ressentent et ainsi progresser tant bien que mal parmi eux.

Ceci n’est peut-être que le témoignage d’un homme tout à fait « normal », mais c’est le témoignage d’un homme qui en a découvert beaucoup sur lui-même en lisant des textes parlant de ceux qu’on pense « différents ».
Je ne suis peut-être pas un Aspie, même si je me reconnais dans beaucoup de symptômes ; mais je sais aujourd’hui que le cerveau peut fonctionner d’une manière différente pour certaines personnes. Je sais qu’une information qui passerait naturellement d’un point A à un point B chez quelqu’un doit suivre un tout autre circuit chez d’autres, après une période d’incompréhension et d’adaptation. Ce qui les rends certes différents, mais pas inférieurs ou anormaux (au sens commun du terme).
J’ai même, dans toute ma différence, tendance à être rassurer de ne pas me sentir comme les autres. Peut-être parce que les principales épreuves sont derrière moi et que je pense les avoir franchies. Et qu’aujourd’hui, je suis armé pour affronter les prochaines et j’espère être armé pour aider mon fils à les affronter, car il n’est peut-être pas non plus un Aspie, malgré notre certitude grandissante, mais il ne fonctionne définitivement pas comme les autres.

Quoiqu’il arrive, il me renvoie une image étrangement familière qui semble expliquer beaucoup de choses dans ma vie, sans compter vos nombreux témoignages.

Bravo si vous êtes arrivés jusque-là, j’espère que mon témoignage pourra être utile à certains.

Allez, je file me cacher maintenant…


Dernière édition par Geo le Lun 11 Oct 2010, 13:14, édité 1 fois
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irene



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Lun 11 Oct 2010, 12:56

Il faut parfois aussi se poser la question: le monde qui nous entoure est-il RAISONNABLE ?

Si je ne m'adapte pas à un monde peu raisonnable suis-je dans la normalité ou l'anormalité ?

Les règles du groupe sont-elles encore des règles logiques ?

Toutes les différences font la richesse de l'ensemble... mais ne sont pas forcément mauvaises ou à remettre en question.

Beau parcours de vie.
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valerie



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Lun 11 Oct 2010, 19:48

merci pour ton témoignage!
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agnes



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Mer 13 Oct 2010, 19:45

D'abord bravo Geo, pour t'être lancé !

Ce témoignage est étonnant car je retrouve nombre de traits de mon mari qui, lui aussi, s'est assez reconnu dans le SA lors de nos lectures, à la découverte des problèmes de notre fils. Je lui ai fait lire le témoignage et lui aussi retrouve des caractéristiques qui lui sont propres.

Il y a notamment des choses que, personnellement, je n'ai jamais vu consignées dans aucun bouquin, comme l'absence de souvenirs liés à l'enfance, à l'exception des épisodes traumatisants ou vécus négativement, ceci couplé avec une mémoire encyclopédique.

Le fait aussi de "ranger" les gens dans deux catégories (dignes d'intérêt et sans intérêt), ainsi que la difficulté de changer les personnes de panier ensuite. Plus généralement, j'ai l'impression que cela va avec une vision assez binaire des choses en général (je dis cela sans aucun jugement de valeur sous-jacent): aimable/non aimable, intelligent/idiot etc...Est-ce lié à une vision assez instinctive/intuitive des choses?

Il y a bien sûr les émotions à fleur de peau mais c'est un trait de caractère plus classique décrit dans le SA, de même qu'une extrême franchise qui peut occasionner des malentendus...

J'ajouterai également évidemment le fait d'être un très piètre physionomisme (cela amène des situations cocasses parfois...). Sans oublier l'anticonformisme et le fait de se soucier comme d'une guigne de l'opinion (notamment) des autres.

Il y a un livre qui pourrait t'intéresser (pour ma part, j'ai trouvé cela passionnant et cela reste pour moi un des meilleurs livres sur l'autisme asperger que j'ai lu): "Laissez entrer les idiots" de Kamran Nazeer chez Oh! Editions. Il s'agit du témoignage d'un adulte asperger (anglais) qui raconte sa vie et sa recherche des enfants autistes avec lesquels il a passé quelques années dans une école maternelle adaptée. Il a une façon d'analyser les choses vraiment intéressante et je trouve que cela donne un aperçu très juste et étonnant sur sa façon de fonctionner, qui est vraiment inhabituelle, sympathique avec une absence totale de préjugés. Il donne de plus l'impression que l'on peut vivre avec un syndrome d'asperger de manière agréable sans chercher à tout prix à se changer (mieux s'adapter et mieux se gérer sans vouloir absolument se changer). Mais peut-être le connaîs-tu déjà?

En tout cas, personnellement je pense que c'est une chance lorsqu'un des parents se retrouve, même en partie, dans le profil SA car c'est l'occasion de mieux comprendre son enfant et, par ricochet, soi-même. C'est aussi le signe que le conjoint ou la conjointe a une vraie bienveillance par rapport à ces traits de caractère "originaux" (sinon il/elle aurait épousée quelqu'un d'autre!) donc par rapport à son enfant; enfin, cela permet au parent SA de faire comprendre certains comportements, à priori incompréhensibles aux "non-initiés" et d'aiguiller vers de bonnes solutions, à priori surprenantes (en tout cas, rarement dans la norme ou "conformes"...) mais efficaces.
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Elli



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Jeu 14 Oct 2010, 07:17

Agnès, ta réponse est très enrichissante ! Merci Smile
Comme à chaque fois sur ce forum, ça fait du bien de voir qu'on est pas seuls ! Je ne m'y habitue pas.

Cam (la femme de Geo Wink ).
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Geo



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Date d'inscription : 06/09/2010

MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Jeu 14 Oct 2010, 08:58

Merci pour vos réponses Smile

Même si l'environnement est propice, je ne m'attendais pas à ce que mon témoignage trouve un écho aussi évident chez un autre papa. Et effectivement, je pense que c'est une chance pour les enfants, comme pour les parents de découvrir qu'il est possible que nos/leurs petites spécificités sont plus innées qu'acquises et qu'il faut apprendre à vivre avec pour pouvoir vivre avec les autres.

Agnes, merci pour tes conseils, je vais me pencher sur ce livre, et mes amitiés à ton mari qui me semble être quelqu'un de très bien Rolling Eyes
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papillane1



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Lun 18 Oct 2010, 06:39

Très, très, très intéressant.Merci.
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irene



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Lun 18 Oct 2010, 10:50

La sélection "souvenirs" se retrouvent fréquemment mais ce que l'on retrouve également c'est la difficulté de re situer dans le temps les événements émotionnels. La ligne du temps semble difficile à mettre en place.
On retrouve également beaucoup chez les enfants avec autisme des ou un parents(s) qui a de l'autisme avec une plus ou moins bonne adaptation au groupe.
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Goldfish



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Date d'inscription : 03/04/2013

MessageSujet: Asperger?   Mer 03 Avr 2013, 09:42

Bonjour Geo,
je viens de lire ton témoignage,
j'en pleurerais ... tellement je me reconnais dans toutes tes expériences.
Je ne vais pas raconter ma vie, j'ai besoin d'échanger et de comprendre: j'ai 43 ans, j'ai choisi "goldfish" comme pseudo car mon compagnon me dit souvent que j'ai une mémoire de poisson rouge. En revanche, et paradoxalement, je peux me souvenir de détails ou d'événements de façon extrêmement précise.
Je rencontre beaucoup de difficultés dans mon couple, et elles sont liées, non seulement à des fonctionnements de ma part qu'il ne comprend pas, mais aussi a une grande difficulté à communiquer. En plus, le temps de latence avant mes réponses à des questions est insupportable pour lui. A l'école, au collège, en famille, je passais souvent pour lente et pas très éveillée.
Je travaille aujourd'hui dans un lycée technologique et professionnel où je coordonne un dispositif favorisant la scolarisation des jeunes en situation de handicap (!!!). Cela fait 4 ans, et cela fait 4 ans que j'ai l'impression d'être à ma place...
J'ai très peur, en fait. Et je me sens complètement perdue. Est-ce que tu t'es fait diagnostiquer?
Je n'ose pas en parler à mon compagnon.
Je traverse des période de dépression régulièrement, et d'autres où je suis plutôt surexcitée: le juste milieu, je ne connais pas. Parfois, je prends des anxiolytiques (légers) pour m'apaiser, et surtout avoir l'air normale aux yeux des autres. J'ai l'impression d'avoir passé ma vie à essayer de m'intégrer, ou de passer inaperçue.
Je suis preneuse de tous les échanges ou conseils.
Merci par avance,
goldfish
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irene



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Mar 16 Avr 2013, 08:02

la normalité est question de statistique.
Tant que les autistes seront minoritaires ils devront faire l'effort de s'adapter au groupe majoritaire même si la logique autistique est excessivement précise. la force des "dinormos" est qu'ils ont une logique évolutive d'une souplesse infinie... et qu'ils sont plus nombreux.
On ne change pas la personne autiste , on lui donne des outils, des modes d'emploi pour survivre dans le groupe majoritaire et s'adapter assez bien à ses règles... en étant bien dans sa peau.
Bisou à tous. Je reviens de formations et suis fatiguée.
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Geo



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Jeu 18 Avr 2013, 19:22

Bonsoir Goldfish (et tous les autres Wink).

Je suis sincèrement désolé de ne pas avoir répondu plus tôt, j'aurais détesté attendre une réponse à ta place... alors je m'excuse Smile

Je te remercie pour ton message, et je suis très heureux que mon post ait trouvé écho chez quelqu'un. Comme quoi, les neurotypiques n'ont finalement pas de monopole de la communication. Il nous faut juste des outils adaptés, comme le précise Irène... et j'ajouterai: un peu de temps.

Ta réponse m'a permis de retourner quelques années en arrière, de lire ce que j'étais alors et de réaliser ce que je suis devenu aujourd’hui! La découverte du syndrome, l'étude, les échanges, les déceptions face aux réactions des proches, et les décisions prises en conséquence de tout ça m'ont permis d'évoluer un grand coup. J'ai probablement encore du chemin à faire, mais j'ai l'impression d'avoir prix 10 ans d'avance, ce qui me donne de la marge Smile
J'imagine qu'il faut passer un cap pour se sentir mieux, comme les phases du deuil, réaliser qu'on est différent et que c'est finalement tout à fait normal Smile Se mettre en colère, pleurer un bon coup, ranger toutes les illusions qui étaient sensés régir notre vie jusque là, oublier l'idée de se faire comprendre complètement, mais finalement je ne pense pas que ce soit si important! Tant que tu réussi à te comprendre toi, et je sais que c'est déjà bien difficile! Et aller de l'avant avec cette nouvelle façon de voir les choses.

Mais prends le temps qu'il faudra, demande à tes proches d'être patients (trouve un truc à leur dire qu'ils comprendrons, un truc neurotypique qui leur permettra d'attendre que tu sois prête.)... Si tu as besoin d'un diagnostique pour t'aider à avancer, je n'aurais qu'une chose à dire: Sois prudente et n'en attends pas trop. Finalement, Asperger n'est qu'une portion de ce qui sépare un autiste d'un neurotypique. L'étiquette que tu devrais porter n'a peut être pas été encore découverte, si ça se trouve, tu es complètement de l'autre côté du scope... voir même complètement sur une autre échelle. Mais qu'importe, finalement... on peut y écrire ce qu'on veut sur cette étiquette, si ça nous convient!

Moi j'ai écris sur la mienne: Ici et maintenant!

Je ne sais pas si cela peut aider, mais je vais partager avec toi une petit quelque chose qui m'a permis d'apprécier tout plein de situations sous un autre angle :
Citation :
“The secret of health for both mind and body is not to mourn for the past, worry about the future, or anticipate troubles, but to live in the present moment wisely and earnestly.”

Je n'aime pas trop les traductions qu'on trouve sur le net, alors voici ma modeste interprétation:

Citation :
Le secret de la santé, tant pour le corps que l'esprit est de ne pas regretter le passer, s'inquiéter pour l'avenir ou anticiper les problèmes... mais de vivre pleinement le moment présent avec sincérité et sagesse.

Depuis, je regarde les gens s'engueuler à la caisse des supermarchés, ce qui rend l'attente tout à fait supportable; je me régale à sentir l'eau s'infiltrer dans ma combinaison de pluie lorsque je suis en moto; je m'arrête devant le petit nuage rigolo au milieu de la tempête que les autres cachent vite derrière un parapluie...

Alors ça n'a pas forcément l'air, mais je suis encore un peu cabossé, et j'ai moi aussi de grands moments de détresse... je prends aussi des caments sans trop savoir si c'est eux qui me permettent de me sentir bien ou si sans eux, je serais capable d'affronter toutes les embuches. Mais j'ai aussi la chance d'avoir une petite femme patiente et compréhensive, qui a appris en même temps que moi pourquoi son mari était ce qu'il était et qui l'aime toujours autant depuis. Je te souhaite la même chose (enfin... en petit mari à la place Wink).
Je ne parle pas ici de mon fils, mais il fait bien entendu parti de cette évolution, même si nous aurions aimé trouver des supports officiels pour l'aider; nous allons devoir nous contenter de ce que nous pourrons lui fournir... mais je me plais à penser que nous serons à la hauteur maintenant que nous savons!

Bref, je vais arrêter là mon roman et te souhaiter plein de bonnes choses pour la suite. Courage dans tes recherches et profite des découvertes qu'elles t'offrirons. Tout pareil pour les autres qui lirons ces quelques lignes!

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icegirl



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Mar 23 Avr 2013, 17:39

Très joli et émouvant témoignage Géo et Goldfish, je me revoie toujours une petite part dans chaque aspies ce qui rassure beaucoup en plein moment de déprime

Je trouve très censé ce que Irene dit !!! ça aide a voir plus clair même si c'est déjà clair...
Bon courage a tous a bientôt Smile
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sandral



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Mar 23 Avr 2013, 18:35

Bonjour Geo et tous les autres. Je ne sais pas comment dire à quel point tes messages sont importants ici pour nous tous! Je te trouve clair, rassurant et positif!

Merci  beaucoup à toi, et ici et maintenant sème les graines d'une belle évolution sur la ligne du temps.

Et je salue au passage la gentille Cam ta femme

Sandral, modératrice, ou quelques pincées d'aspi mêlées  à du neurotypique et on tourne et on tourne... :lol!:en fait les pincées sont variables et les résultats du melange  sonts  infini...et nous voici chacun ici , souvent en marge, souvent anxieux mais aussi capables de belles reussites  flower

Bien à vous!


Dernière édition par sandral le Jeu 17 Oct 2013, 14:05, édité 1 fois
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meltess24



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Sam 27 Avr 2013, 15:00

Bonjour Geo,

Je viens moi aussi de lire ton témoignage. Cela m'a également bouleversé. J'ai aujourd'hui 33 ans et me suis toujours demandé ce qui était différent chez moi.
Comme toi, j'ai toujours été à l'écart, sans jamais m'intégrer. Je me suis toujours dit que j'étais tombé dans un monde qui n'était pas le mien.

J'ai malgré tout eu la chance de rencontrer ma femme qui m'a accepté comme je suis. Elle me comprend et m'aide chaque jour dans les efforts qui sont les miens pour affronter le monde.
Ce n'est pas évident pour elle qui doit sans arrêt me "recentrer" dans les conversations mais elle sait que je suis comme cela.
Malgré le fait que je ne supporte pas d'être touché, nous avons eu deux magnifiques petites filles qui ne présentent pour l'instant aucun "symptôme".


Je prends cela comme un don, difficile à porter certes mais qui nous apporte également des tas de satisfactions. Grâce aux soucis des détails et de la perfection, j'ai réussi à progresser dans mon travail....Je suis également un excellent dessinateur ce qui me permet de rendre heureux les gens.

A 33 ANS, je prends désormais la chose du bon côté quoique certains jours, cela reste difficile. Cela n'a pas toujours été ainsi et,Je ne le souhaite à personne. J'ai constamment le cerveau en "ébullition" et je pense que c'est cela le + contraignant.

Je n'ai pas moi non plus été diagnostiqué, mais cela m'importe peu. J'ai cela au fond de moi depuis toujours et l'on y changera jamais rien.
Il faut tout simplement vivre avec nos différences.

Au fil des années, on finit par s'y habituer, même si, chaque soir, j'aimerais tout de même m'endormir et me réveiller en étant "comme les autres"....

Merci pour vos témoignages qui nous montrent que nous ne sommes pas seuls.

Bien à vous.
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valerie



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Jeu 02 Mai 2013, 19:02

merci pour vos témoignages Very Happy
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sandral



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Mar 07 Mai 2013, 21:36

Moi aussi je te remercie Meltess24.

c'est clair que le cerveau en ebullition ça épuise
mais que tu as une chance énorme d'être accompagné, guidé, et aimé par ta femme et tes filles!

super témoignage positif, on en a besoin!

Sandral
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safra81



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MessageSujet: Merci   Lun 19 Aoû 2013, 13:41

Bonjour et merci pour tous vos témoignages,
Cela fait presque 3 ans que j'ai trouvé l'homme de ma vie, mais voila des faits et des geste  me faisaient penser qu'il ne m'aimait pas, ....
après un livre sur l’autisme, je me suis posé plein de questions sans vraiment chercher plus loin.

il y a quelques jours j'ai pris la décision de le quitter s'il ne changeait pas, puis j'ai repensé à ce livre et chercher sur le net, ...

Mon homme ne fait rien comme tout le monde car il est comme vous unique; je vous remercie car c'est à moi de changer et non de le quitter !
sans vos témoignages j'aurais fait la plus grosse erreur de ma vie.

Puis-je avoir des petits trucs pour mieux reagire à l'a venir?

Merci beaucoup encore
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meltess24



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Mer 04 Sep 2013, 18:39

Bonjour safra81,

Pour te répondre, je pense qu'il n'y a pas de petit truc.
J'aime ma femme plus que tout car elle à été la seule à me comprendre et m'accepter tel que je suis.
Je ne supporte pas qu'elle me touche....mais cela l'amuse.
Je ne l'écoute pas lorsqu'elle me parle....elle me dit "houhou je suis là" et ne m'en veux pas plus que cela.
Nous sommes tous différent, autisme ou pas et le bonheur se résume simplement en la compréhension de l'autre.
Si je ne l'avais pas rencontré, je pense que je serais toujours comme beaucoup de gens comme moi, tout seul à essayer de faire au mieux et ne jamais comprendre pourquoi cela ne marche pas. C'est le cas avec tous les autres mais une seule personne me suffit.

Tu as fait le bon choix.

Meltess24
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Geo



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Jeu 19 Sep 2013, 18:12

Bonjour à toutes et à tous, et désolé de ne pas avoir répondu aux précédents messages... mais j'ai mis un frein à internet et surtout aux forums, car je trouvais que ça me prenait beaucoup, beaucoup trop de temps et d'énergie.

Smile Meltess, c'est tellement rassurant de voir des gens qui vivent (et ne subissent pas) des expériences similaires aux siennes! Je pense, justement qu'à moins d'être compris par son entourage, on subit plus les événement qu'on ne les vit. On a beaucoup de chance Smile

Et Safra, j'espère que vous trouverez vos marques avec ce nouveau point de vue. Ce n'est pas forcément évident de replacer chaque petit détail dans ce nouveau contexte. Mais c'est tellement drôle, de comprendre d'un coup pourquoi, quand vous étiez chez des amis, ton homme ne pouvait pas s'empêcher de remettre les tableaux d'aplomb, et d'aligner les piles de magasines ou de serviettes, sans trop prêter attention aux discussions.

Je ne sais pas quoi te dire, meltess l'a fait pour moi, compréhension et patience me semblent être des points clefs. Tant que tu te sens heureuse avec lui bien entendu! J'imagine qu'un aspi non guidé et sans réelle volonté de "s'intégrer" dans le couple pourrait devenir un vrai tyran. Je suis persuadé que si j'avais rencontré une femme complètement soumise, j'aurais probablement mal tourné et me serais enfoncé dans mes travers.

Bref, merci à toutes et à tous pour vos réponses! Plein de bonnes choses pour la suite et à bientôt!

EDIT:
J'ai oublié de joindre une image que j'aime beaucoup, pour les anglophones (désolé, y'a pas de sous-titres :p):
http://www.flickr.com/photos/lyndsiejo/5734550617/


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léa



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Dim 22 Sep 2013, 11:35

Safra 81, et oui pas simple de vivre avec un aspie ... tous les jours.

Cela fait maintenant plus de 11 ans que je suis avec mon mari (vraisemblablement aspie comme notre fils (lui diagnostiqué) et quand j'ai trouvé de l'info sur le syndrome d'asperger cela a été une révélation... j'y ai tout de suite reconnu notre fils aîné et mon mari...
Cela m'aide à comprendre pourquoi il  a du mal dans de nombreux domaines , et oui du coup c'est à nous de nous adapter...

Il a peu de relations sociales mises à part les miennes, n'aime pas les changements (mobilier ou habitudes) , ne sait pas se dépêcher (mode rapide connaît pas), à quand même du mal par rapport aux enfants et pourtant s'en occupe beaucoup , et il m'a seulement rencontré à 26 ans (moi j'en avais 17) et je ne pense pas qu'on serait ensemble si ce n'est pas moi qui avait fait le premier pas... j'étais sa première copine...  

J'essaie de lui accorder des moments en solo (difficile au milieu de trois petits enfants) car il voudrait pouvoir regarder toute une émission dans la pièce de vie sans que les enfants l'interrompenr... du coup il va se promener hors de la maison, genre au magasin, pour avoir des breaks...

Quand on lui pose une question on a droit à un quart d'heure de réponse surtout si c'est à propos des trains...
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Geo



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Jeu 17 Oct 2013, 07:37

Je me permet de reprendre ici mon témoignage après avoir passé quelques minutes, les larmes aux yeux, à observer notre fils dans la cours de l'école.

3 garçons en triangle, qui jouent dans l'herbe à se passer la balle, au pieds, bien entendu... Sur le goudron de la cour à quelques pas derrière l'un deux, notre petit bout d'homme qui regarde anxieusement la scène. Quand le ballon arrive vers le garçon devant lui, notre fils s'agite un peu, près à intervenir. De temps en temps, régulièrement, il regarde derrière lui avec appréhension en direction des professeurs.

Soudain, le petit garçon manque sa passe et le ballon s'échappe près de notre fils qui s'élance alors et l'attrape vite en sautant dessus... avec les mains, bien entendu... Les 3 enfants s'exclament en faisant des grands gestes d'indignation avec les bras. Oui, tout petit garçon neurotypique normalement constitué à reçu l'explication, dès l'age de 3 ans, que toucher un ballon avec les mains est une faute!

Mon fils se retourne et sécurise le ballon en tournant le dos aux 3 autres enfants, avant d'essayer de donner un coup de pied dedans, en direction de la cours... avec la pointe du pied, bien sûr, et le ballon s'envole n'importe ou... Oui, car tout petit garçon neurotypique normalement constitué à reçu l'explication, dès l'age de 3 ans, qu'on ne peut pas diriger son tir en tapant de la pointe du pied.

La plupart des gens ne voient rien de particulier en regardant cette scène. Pas de raison de s'alarmer, pas de raison d'y prendre part. Un petit garçon maladroit qui envoi le ballon n'importe ou... Probablement que la plupart des pères aurait dit: Purée, mais quel boulet ce gosse.

Et moi, j'ai les larmes aux yeux en regardant mon fils jongler avec son envie de s'intégrer et les règles de l'école qui interdisent de jouer dans l'herbe mouillée. Probablement la raison de son anxiété à vite récupérer le ballon de cette zone interdite avant que les professeurs ne s'en rendent compte... il sait qu'il est encore temps, car il a vérifié régulièrement! Il est encore temps de sauver ces 3 petits d'une punition assurée!

Peut être que je me fais des films... peut être que c'est dû au fait que je venais d'avoir une conversation avec le responsable du périscolaire ou mon fils à refusé, la veille, de se mettre à table avec 3 gamines qui venaient de le fouiller pour un prétendu vol de chewing-gum avant de se rendre compte qu'il portait un slip et pas un caleçon, et bien entendu, de le dire à tout le monde... Car tout enfant neurotypique normalement constitué, à bien compris la leçon de papa, les slips c'est pour les loosers, les garçons cools, eux, portent des caleçons... et savent taper dans un ballon.

Peut être est-ce parce que l'avant veille, 2 garçons de sa classe ont décidé de mettre de l'encre dans sa bouteille d'eau, et de lui dire de boire le sirop que le maitre leur avait distribué à tous. Même si cette fois, heureusement, notre fils à flairé le piège... cette fois seulement.
Deux garçons de 10 ans, habillés comme dans les magasines, casquette NY légèrement inclinée sur le côté gauche, assortie avec leurs chaussures. Et surtout, ne pas enlever les étiquettes sur la visière de la casquette... Oui, car un homme neurotypique normalement constitué m'a appris dans un cri, il y a quelques années qu'un casquette sans les étiquettes n'avait plus de valeur, le jour ou j'ai failli retirer celles qui étaient collées sur la sienne.

Là, j'ai juste la sensation que l'humanité est un avion en flamme en train de se crasher, dont les passagers sont des filles habillées en rose, et des garçons en bleu qui portent des caleçons, ainsi que des casquettes dont l'étiquette n'a fort heureusement pas été enlevée de la visière! L'avion se crash, car le pilote, Zinedine Zidane est en train de mettre un coup de boule au co-pilote car il vient d'insulter sa mère... ou sa soeur, on ne sait pas trop.
L'analyse de la boite noire devrait heureusement nous révéler ce détail important; car s'il a réellement insulter sa mère, l'humanité n'aura pas disparue en vain... car tout enfant neurotypique normalement constitué sait que...
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irene



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Jeu 17 Oct 2013, 15:14

j'ai mal en lisant ce témoignage car il me jette à la figure ces 32 ans vécus avec mon fils ... J'ai tellement pensé que tout allait aller bien et je suis tombée si souvent de l'échelle de l'espoir. Plus je vieillis et plus difficile est la remontée.
Je partage... Si ça peut vous faire plaisir: mon fils a l'air plus heureux que ses frères et soeur.
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Geo



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Jeu 17 Oct 2013, 15:52

Désolé, mon message n'était pas très positif, cette fois. Mais parfois, le sentiment d'impuissance est un peu écrasant.
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sandral



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Jeu 17 Oct 2013, 16:16

oui c'est vrai moi aussi ça m'a serré le coeur !
douloureux souvenir de mon fils pierrot lunaire perdu dans la jungle terrible des groupes d'enfants
ayant envie d'amis et de bien faire mais ne sachant comment s'y prendre...

la récré et la gym et la piscine furent des calvaires pour lui ( pour moi aussi soit dit en passant mais j'ai trouvé comme refuge les livres à la bibliothèque:study: )

un jour il s'est même fait enfermer dans le vestiaire de la piscine par un adulte peu consciencieux, pour mon fils se sécher et s'habiller dans un temps record  neurotypiquochronométré... (il s'habillait presque entièrement mouillé pour gagner du temps)...une vraie sinécure, et que de larmes amères ravalées !

mais je tiens à te dire que tu n'as pas à culpabiliser de ton message Géo, moi je le trouve poignant mais aussi magnifique , tu décris si bien les choses, c'est ton authenticité dans tes mots et tes ressentis qui nous bouscule comme des boules de neige lancées comme des obus en plein coeur ...et tu y mets ta pointe d'ironie, même si elle est noire, tu as 100% raison d'y faire référence car le monde est si fou!

ce forum est aussi là pour cela; des coups de gueules, des coups de dégouts, des coups de coeurs, des victoires, des échecs, des messages ', de détresse, et d'espoirs... tout cela fait partie de la vie

je rajouterais que ça fait mal dans le coeur du parent et de l'enfant ... mais cela renforce aussi ... mon fils (19) tombe moins dans ces pièges et a appris aussi l'ironie, c'est une très bonne défense également...

je te remercie Géo pour tes beaux et poignants messages!!
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irene



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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Ven 18 Oct 2013, 08:59

Le partage est une chose qui enrichit... ne regrette rien mais nos souvenirs sont si semblables. Quand je vois mon fils je ne peux m'empêcher de penser à l'homme qu'il aurait pu être (surtout si je rencontre quelqu'un qui lui ressemble physiquement) mais je dois aussi le regarder sans arrière fond de normalité et alors je vois un gars bien dans sa peau qui vit dans un monde qui ne lui convient pas (c'est vrai) mais il a créé sa propre façon de s'en accommoder et il ne voit pas , lui, qu'il y a un manque. Il n'entend même pas les injures vicieuses, il ne souffre pas des coups foireux... il traverse tout comme sur un nuage avec le sourire. C'est peut être cela être bienheureux.
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MessageSujet: Re: Témoignage d'un potentiel adulte Asperger...   Aujourd'hui à 19:50

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