SYNDROME D'ASPERGER

Forum destiné aux personnes asperger ainsi qu'aux parents et proches d'enfants, d'ados et d'adultes présentant le syndrome d'Asperger
 
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 Asperger diagnostiqué à 39 ans...

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Damien



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MessageSujet: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Mer 09 Fév 2011, 08:58

Bonjour,

Je m'appelle Damien, j'ai 39 ans et j'ai été diagnostiqué Asperger il y a deux mois... après une longue période de doutes suite à une émissions télévisée sur le sujet, beaucoup de questions intérieures, et avant d'enfin me lancer dans une demande de diagnostique auprès du Centre Ressources Autisme de Liège (CRAL) (très bonne équipe, soit dit au passage !).

Je suis donc ... autiste... Difficile de m'y faire, à vrai dire, même si la lecture du diagnostic et du livre de Tonny ATTWOOD ne laissent aucun doute sur le sujet.

Professionnellement, je suis ingénieur agronome des Eaux et Forêts et j'ai la chance de travailler à un poste de décideur dans le domaine de ma passion : la conservation de la nature. Le travail en équipe et d'encadrement ne me pose pas trop de problèmes puisque je suis dans un environnement de personnes ayant tous la même motivation et la même passion. Mais là où j'excelle, c'est dans le traitement global du volet environnement et nature de très gros dossiers d'infrastructure, que je traite essentiellement en solitaire tout en picorant l'avis de l'un ou l'autre collègues pointus dans tel et tel aspect. Mon esprit d'analyse, ma connaissance encyclopédique des problématiques et des solutions possibles sont des forces reconnues par

Mais sur le plan personnel c'est beaucoup plus compliqué de préserver une relation stable et réciproque : divorcé, à nouveau en couple depuis 7 ans avec une femme super avec qui j'ai eu une fille de 5 ans (qui a selon moi des traits asperger mais ne doit pas être évaluée avant l'âge de 7 ans selon le CRAL). Je suis raide amoureux, mais ne parviens pas à le faire passer dans mes actions et paroles quotidiennes, ce qui provoque pâs mal de tensions.

En fait, je ne sais pas trop ce que je viens chercher ici : me sentir moins seul (probablement) et voir comment améliorer mes capacités relationnelles. Je suis au début de la compréhension su Syndrôme et n'ai pas encore une vision claire des ressources disponibles pour m'aider à réduire ses effets néfastes (sans gommer les qualités qu'il me procure bien entendu). Je ne sais pas ce qui existe, ce qui fonctionne, et il me semble que les 10 séances de suivi assurées par le CRAL seront très courtes...

Par ailleurs il y a une évidence qui m'apparaît à la lecture d'ouvrages sur le sujet : il y a une énorme diversité de profils asperger, tellement qu'il me semble impossible de donner une "recette qui marche" dans tous les cas. Sauf peut-être pour ce qui est de l'aide à la compréhension de la nature parfaitement irrationnelle et déconcertante du comportement de mes contemporains "neurotypiques", domaine qui m'est étranger et m'intéressait très peu jusqu'ici (ce qui me rend quelque-peu asocial, mais pas malheureux pour autant puisque je me suis toujours défini comme une île au milieu de l'océan : quelques vagues m'atteignent parfois, mais je suis tout à fait capable de vivre en autonomie complète). Faire un pas vers la compréhension des autres est donc devenu indispensable pour stabiliser ma situation familiale, ce qui est ma priorité N°1 actuellement.

Par ailleurs, et puisqu'un forum c'est aussi faire en sorte que chacun apporte quelque-chose à sa communauté, je peux témoigner qu'il est parfaitement possible d'avoir une vie professionnelle tout à fait épanouie malgré le SA, à condition d'avoir un intérêt spécifique suffisamment large et "valorisable". Cela pourrait rassurer les parents d'enfants qui ont la chance d'être diagnostiqués suffisament tôt, ce qui est mon principal regret puisque cela m'aurait certainement évité pas mal de difficultés.

Au plasir de vous lire.

Damien.

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sandral



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MessageSujet: bonjour Damien   Jeu 10 Fév 2011, 09:02

bonjour Damien et bienvenu parmi nous
le forum est plutôt calme en ce moment ce doit être l'hibernation..

Je suis toujours sidérée des multiples singularités que présentent les personnes atteintes du SA. Tu fais partie de ces personnes qui sont arrivées à s'adapter au monde grâce à leur passion. Chapeau comme on dit!
Certaines personnes semblent pouvoir composer avec leurs troubles,et s'adapter, et d'autres pas du tout. Est- ce une question d'hyper sensibilité accommodable ou non au réel?ou d'éducation? ou de caractère?

Supporter les autres ne semble pas évident pour certains. Un mot, une demande, un évènement imprévu, un incident, un regard un peu trop insistant et ils se liquéfient,ou s'emportent! Tandis que d'autres arrivent à se barricader contre ce genre "d'insupportable" et peuvent établir des échanges bien souvent autour d'une passion. J'imagine que tu connais le plus célèbre exemple avec Temple Grandin.

C'est très encourageant de te lire en tant que parent, c'est vrai. Mais comme tu le dis il faut néanmoins que cette passion soit assez large. Quand c'est l'informatique, la musique, les langues ou les plantes c'est très partageable mais pour certains c'est plus difficile.

Mon fils,17 ans, par exemple est une encyclopédie à propos de plusieurs sujets: la nature, l'Histoire, mais les plus prégnants pour lui sont les trains et les avions et le dessin. MAis il n'est pas assez fort en math pour faire ingénieur, ou architecte voire pilote . Quel débouché pour lui? je me creuse déjà la tête car dans un an il finit ses secondaires.
Comment t'es-tu orienté? savais-tu clairement ce que tu avais envie de faire à tes 18 ans? as-tu fait l'univ ou l'école d'agronomie à Gembloux?

J'ai rencontré un botaniste aspi et un prof de musique, ils vivent 24 h/24 dans leur passions.Pour eux il n'y a pas eu d'hésitation, ils se sont orienté très jeunes vers leur métiers.D'autres ont eu moins de chance, et l'errance et la solitude leurs ont porté beaucoup de préjudices .
Le premier vit seul et consacre sa vie aux plantes exotiques et le second a une famille avec un enfant aspi et est prof de musique..., les rencontrer et les écouter est passionnant .

Il n'y a pas à ma connaissance de "cours" d'habilités sociales pour aspis en Belgique francophone, c'est très dommage!! Obligé de trouver des psy privés spécialisés dans le syndrome mais c'est d'abord rare et en plus c'est en travaillant en groupe qu'on peut apprendre les règles sociales à mon humble avis. Il faut chercher , un jour ça arrivera bien chez nous. Le Susa à Mons peut-être. Du coté flamand ça existe déjà...

le syndrome sort a peine de l'ombre ces dernières années c'est une bonne chose, mais les médias qui s'en emparent ne le font parfois pas à bon escient puisqu'ils veulent montrer,voire exhiber, que les cas exceptionnels à la Tammet et autres esprits de génie...et tous les autres sont en rade Sad C'est bien d'en parler mais il faut rester réaliste je trouve.)

Comment as-tu vécu ta scolarité?

Cordialement

Sandral

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Damien



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MessageSujet: Bonjour Sandral   Ven 11 Fév 2011, 16:45

Bonjour Sandral,

Une partie de ma "réussite" (j'hésite à employer ce terme parce-que côté coeur ce n'est vraiment pas le bon terme) est probablement due à la faible intensité de mes troubles de la sensibilité. Chez moi, ça se "limitait" à trouver la laine très désagréable, à refuser pas mal d'aliments, à détester le sable, l'eau salée qui sèche sur la peau, le soleil et la chaleur. ces derniers facteurs sont toujours d'actualité, mais en Belgique j'ai encore de la chance que ça se limite là... Quoique pour les vacances ce n'est pas simple, surtout que Sylvie (ma compagne) adore soleil, chaleur, mer et piscine... et contrairement à moi n'a pas de remords climatiques de prendre l'avion et brûler trois tonnes de pétrole pour aller se faire cuire.

Pour ma scolarité, ça n'a pas été simple mais pas dramatique non plus, même si je détestais profondément lécole, et ce depuis le première maternelle et les éternelles séances de piquettage... Plus grand, j'avais mes centres d'intérêt (déjà les sciences et la nature), peu d'amis mais pas harcelé non plus. En fait, cette période de primaire et de secondaire ne m'a pas laissé de bons ni de mauvais souvenir. Sauf quelques profs particulièrement obtus et ... stupides, désolé de le dire mais je persiste et signe à leur sujet, même avec le recul : il y avait (et il y a encore certainement) des profs très moyens pour ne pas dire médiocres et qui en plus se prennent très au sérieux et refusent d'admettre que parfois leurs élèves peuvent aussi avoir des idées valables. Latin, grec, dessin, langues, gym, autant de calvaires qu'il a bien fallu traverser...

Tout cela m'a permis de passer inaperçu, ce que je regrette amèrement. J'en veux un peu à mes parents, qui ne sont pas encore au courant, de ne pas m'avoir emmené chez un psy lorsque j'étais enfant. Mais les symptômes étaient celui d'un enfant difficile et colérique, rien de plus pour l'époque...

Pour mes études, je ne me suis pas posé de question : dès que j'avais 5 ou 6 ans, je savais que je serai ingénieur forestier. Mon père avait deux cousins qui travaillaient dans le secteur, nous allions gèrer les petites proriétés familiales ensemble; c'était une évidence pour moi !

J'ai fait mes études à Louvain-la-Neuve, et j'ai eu la chance de kotter avec mon frère âgé d'un an de plus et qui faisait ingénieur commercial. Il m'a bien coaché et sans lui il est probable que je n'en serai pas là... Les candidatures (à l'époque...) se sont bien passées, quelques faiblesses (par manque d'intérêt et défauts de méthode) m'ont contraint à des deuxièmes sessions copieuses mais sans conséquences, le temps que je comprenne exactement le mode de fonctionnement de ma mémoire et mette au point ma méthode d'étude totalement autodidacte. Arrivé en 1ère ingénieur, le niveau d'exigence a encore pas mal augmenté tant en complexité qu'en quantité, tandis que j'ai commencé à trop avoir confience en mes capacités d'étude... résultat sans appel : on recommence. Idem en deuxième année d'ingénieur, pourtant enfin en option Eaux et Forêts après trois années de généralités, mais là aussi j'ai bissé. D'une part, parce que j'ai pris goût, plus encore que par le passé, aux festivités nocturnes de LLN, d'autre part parce qu'un professeur d'un petit cours de 30 heures (phytosdociologie, la façon dont les plantes se combinent entre-elles pour créer des biotopes en fonction du climat, du sol, ...) m'a un peu pris en grippe. Il utilisait une méthode de détermination des stations forestières certes belge mais très ancienne, alors qu'il existe des méthodes autrement plus modernes avec modélisation informatique permettant d'uy inclure des notions dynamiques. Je lui ai fait part, pourtant prudemment, de mes doutes sur le caractère actuel et pratique de sa méthode... ça ne lui a pas plus... Le plus comique, après coup, c'est que maintenant je travaille avec son successeur à l'UCL et qu'il ne jure que par ces méthodes modernes, autrement plus avancées...

Pour ton fils, je pense qu'il faut voir si il n'aime pas les maths (moi non plus je ne les aimais pas, ça n'a jamais été la source de plaisir ni de satisfaction) ou si il n'arrive pas à s'imprégner de leur logique. Même chose pour la physique, la chimie, je suppose que la biologie ça doit aller. Si il n'aime pas particulièrement ces matières mais en est capable quand il fait l'effort, il est probable qu'il parvienne à réussir des études universitaires en agronomie (UCL ou Gembloux). Du moins si sa motivation en ce sens est forte et inébranlable, ce qui est un trait de caractère appréciable des asperger. En tout cas moi, je ne suis jamais laissé abattre par les difficultés des études, j'avais l'objectif en tête : mon diplôme !

Sinon, d'autres voies sont possibles et peuvent lui convenir : si les maths posent problème, le master en biologie a un programme nettement plus light en la matière. Et je connais pas mal de biologistes professionnels, qui travaillent dans la conservation de la nature et ont un profil nettement typé Asperger (plus que moi je pense, il y a des monomaniaques des chauves-souris ou des champignons par exemple qui sont incapables de parler ou d'entendre autre-chose, j'ai encore eu le cas en réunion hier...).

Si il souhaite plus s'orienter vers des études "pratiques", le graduat en agronomie est probablement idéal.

Sinon, sans rire et puisqu'il aime les trains, le Groupe SNCB recrute beaucoup de profils différents, avec une foule de profils techniques, y compris pour la gestion environnementale des voies !

Pour les avions, je connais moins bien, mais selon moice sont les charbonnages de demain car aucune alternative crédible n'existe à moyen terme pour les carburants dans ce secteur...

Ce qui est certain, c'est qu'un bon environnementaliste, qui a des bases solides dans tous les types d'impacts possibles des activités humaines et des connaissances écologiques de base dans tous les groupes biologiques, ce qui est mon cas, n'aura jamais de difficultés professionnelles : c'est rare, tout simplement. Que ce soit l'Administration comme moi oudans les bureaux d'études, les sollicitations sont nombreuses.

Une autre stratégie, pendant ou après le master en biologie, est de se spécialiser dans une famille ou même un groupe biologique particulier (les areignées, les chauves-souris, les escargots, les sauterelles, ...). Les bons experts de ces domaines se comptent sur les doigts d'une main en Europe, dans ces domaines très spécialisés. Les botanistes et les ornithologues sont par contre plus fréquents, mais probablement plus de places leur sont accessibles... Si la motivation et les compétences sont là, j'en connais peu qui restent logntemps sur le carreau.

C'est un vaste débat que l'orientation professionnelle, mais je pense que les capacités des asperger sont précieuses, du moins si les troubles sensoriels ne sont pas trop présents.
Moi, j'ai eu la chance de ne pas me poser ces questions... Encore une chance dont je n'avais pas conscience, me dis-je à la lecture de ton mail...

Pour sonder ses motivations écologiques, il pourrait faire des stages ou des jobs dans ces différentes matières. Ou participer à des travaux de restauration écologique organisés par Natagora, par exemple (cfr www.natagora.be). Si il accroche, qu'il fonce...

Cordialement.

Damien.

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sandral



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Lun 14 Fév 2011, 22:37

salut Damien
désolée d'avoir pas pu te répondre plus vite.
Je te remercie pour ton post. C'est clair que tu as eu un parcours plutôt facile comparé à d'autres, bien que tous les chemins passent par des embûches pour tout un chacun.

Citation :
Pour ton fils, je pense qu'il faut voir si il n'aime pas les maths (moi non plus je ne les aimais pas, ça n'a jamais été la source de plaisir ni de satisfaction) ou si il n'arrive pas à s'imprégner de leur logique. Même chose pour la physique, la chimie, je suppose que la biologie ça doit aller. Si il n'aime pas particulièrement ces matières mais en est capable quand il fait l'effort, il est probable qu'il parvienne à réussir des études universitaires en agronomie (UCL ou Gembloux).

Je ne crois pas que pour le moment il veuille faire agro, il change souvent d'idées . Il y a 2 ans il parlait de guide nature , il connait un rayon en plantes et insectes.
Pour lui rien que de devoir choisir c'est très difficile,comme il le sait c'est toujours renoncer ..., il aimerait faire plusieurs métiers. Pour le moment il est plutôt attirer par l'artistique : dessin, archi, photo. Mais comme tu le dis, il est très bon en bio et pas le reste. même s'il réussi quand il met la gomme, il n'a pas assez confiance en ses capacités... car ça fait 3 ans qu'il est toujours en échec en math et il s'est mis en tête que les sciences ce n'était pas pour lui... donc l'agro ou la bio risquent de lui faire peur.
C'est triste car il est très capable comme on dit..mais c'est triste à MES yeux, faut que je mette en poches mes propres envies et fantasmes sur l'avenir de mon fils. c'est son chemin, pas le mien, faut qu'il fasse ses choix pas les miens.( Je trouve toujours bizarre les enfants de médecin ou de prof qui font comme papa...est ce vraiment leur choix ou celui des parents?)

Il n'a donc pas une motivation forte, mais plusieurs du coup c'est plus diffus ou vague pour l'instant, on verra plus tard. Il devra peut -être butiner à plusieurs fleurs avant de trouver la bonne ...

Au contraire de toi lui il se fait assez vite abattre par l'échec, ça le mine très fort. il abandonne vite le combat, de nouveau par manque de confiance peut=être... Il est persévérant que pour les choses qui lui plaisent très fort.

ça me fait rire quand tu parles de monomaniaques fréquents en bio , c'est clair le grand- père d'une amie est un de ces maniaque de chauve souris, il ne parle que de ça, et quand mon fils l'a rencontré un jour, ils se sont directement entendu et c'était clair que ce monsieur faisait très aspi! idem a une conférences sur les champignons mon fils haut comme 3 pommes est intervenu avec des grands profs d'univ, c'était trop rigolo...Il a eu sa phase insectes, champi, fleurs, ornithologie...

C'est clair que y en a beaucoup plus qu'on ne le pense des aspis et surtout dans des domaines très spécialisés..néanmoins on fait vite le pas entre monomaniaques et aspis, mais surement que d'autres me taperaient sur les doigts de faire des amalgames ou de voir des aspis partout
affraid

Comme tu le dis les capacités des aspis sont précieuses, ça fait du bien de l'entendre dire car dans la psychologie classique c'est plutôt sur les défaillances du syndrome qu'elle insiste !!! et pas sur les cotés positifs. Il y a une autre tendance plus positive chez des spécialistes comme Laurent Mottron du Canada et T.Atwood d'Australie, beaucoup plus ouverte d'esprit. Je te conseille leur lecture.

Cordialement

Sandral
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Damien



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Mer 16 Fév 2011, 13:36

Bonjour Sandral,

J'ai effectivement beaucoup de chance dans mon malheur, et j'en suis conscient.

C'est vrai que le Syndrôme n'est pas bien perçu par la plupart des professionnels. Mais peut-être se disent-ils que leur job est d'améliorer les compétences "dafaillantes", les bons côtés ne nécessitant aucune intervention... La volonté de maîtriser tout ce qui ne pousse pas droit est très forte, dans nos sociétés, que ce soit en gestion de nature qu'en relations humaines...

Pour ton fils, le mieux est probablement de l'aider à faire ses choix en l'aidant à se frotter à la réalité de chaque voie possible "en immersion" par des stages, des rencontres, des conférences ... Parce que, si il est comme moi, il est très intellectuel et réfléchi, tous ses choix sont sous-tendus par un raisonnement souvent complexe et parfois basé sur des données peu en phase avec la réalité concrète de chaque métier.

A mon avis, c'est comme cela que tu peux le plus l'aider à trouver SA voie, puisque c'est bien de cela qu'il s'agit...

Et puis, les études sont une chose, le métier qui l'attend après est encore tout autre chose... et heureusement sous certains aspects.

Bonne journée.
Damien.
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sandral



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Dim 20 Fév 2011, 21:53

Bonjour
Comme ton diagnostic est tout récent , cela a du quand même chambouler ta vie. E tait=ce un soulagement ou plutôt un bouleversement? Qu'est ce qui t a guidé à en faire un?Depuis lors est ce que ça a changé quelque chose à tes relations? te comprends-tu mieux? et ton amie comment réagit-elle?

Moi quand j'ai découvert le syndrome j'ai été bouleversée pendant des mois et je passais tout on temps à lire tout ce que je trouvais à ce sujet.J'ai aussi trouvé des signes chez moi et le père de mon fils, mais cela est très courant. Maintenant avec le recul je me dis que j'adore certains cotés du syndrome, que j'aime tout ce qui est non conforme, et que tout ce passe assez bien dans notre quotidien. Je ne vais pas nier les moments durs, et l'adolescence n'est pas un moment rose de la vie. je ne vais pas nier, les douleurs, les doutes, les moqueries des autres a l'école, l'exclusion, la solitude profonde, les peurs au sujet de l'avenir; Mais ce qui compte le plus pour moi est d'avoir une bonne complicité avec mon fils, qu'il suive ses rêves et d'alléger le plus possible ses difficultés.

Comme tu le disais dans ton premier message en te présentant ,il y a deux facettes en chacun de nous, notre vie publique, sociale, professionnelle et il y a la facette intime, intérieure, privée. Comme beaucoup d'aspis la seconde est la plus difficile. Le domaine des émotions, les conventions implicites d'un couple, de la famille, de l'amitié...y a pas de mode d'emploi comme on le dit. On avance à l'aveuglette par essais et erreurs.

Mon ami qui a le Sa et qui est botaniste lui semble très épanoui dans son travail qui colle 100% à sa passion mais une fois chez lui , seul,il souffre chaque weekend car il ne sait pas comment gérer cette solitude, ces moments de pause aléatoire où rien n'est dicté...cela je l'ai aussi entendu d'autres. C'est si difficile, et même paradoxal; soit c'est le relationnel qui pose problème, soit c'est la solitude.

Aux yeux de beaucoup que tu puisses vivre en couple depuis si longtemps est vraiment une chance merveilleuse, et avoir un enfant aussi. Mais c'est sûr que ce ne doit pas être facile tous les jours comme tu semble l'indiquer dans ton premier message. La tolérance, la patience, l'attachement sincère, le dialogue sont nécessaires et doivent être présents quand même pour tenir sur le temps, non?

Néanmoins être conscient de tes difficultés c'est déjà selon moi un pas vers les solutions des problèmes, comparés à ces tas de personnes qui vivent inconscientes de quoi que ce soit, et ne savent se remettre en question et accuse toujours autrui de leurs maux...

Si tu arrives à trouver un bon psy qui connait bien le SA, il doit pouvoir te conseiller sur tes problèmes relationnels. je l'espère en tous les cas.

Cordialement
Sandral


Dernière édition par sandral le Lun 21 Fév 2011, 12:24, édité 1 fois
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belzebuth23



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Lun 21 Fév 2011, 11:25

sandral a écrit:

Mon ami qui a le Sa et qui est botaniste lui semble très épanoui dans son travail qui colle 100% à sa passion mais une fois chez lui , seul,il souffre chaque weekend car il ne sait pas comment gérer cette solitude, ces moments de pause aléatoire où rien n'est dicté...cela je l'ai aussi entendu d'autres. C'est si difficile, et même paradoxal; soit c'est le relationnel qui pose probleme, soit c'est la solitude.
Je réagis à ton post, Sandra, car il est particulièrement parlant pour moi. J'ai du mal à mettre des mots sur ce que je ressens, mais le paradoxe entre la solitude et la société c'est tout à fait ça.
En société je suis mal, je ne sais pas comment m'intégrer à une conversation, comment ne pas être isolée...Mais quand je suis seule, ça ne va pas mieux, car comme tu dis quand rien n'est dicté je ne sais pas quoi faire, je m'ennuie et la solitude me pèse.


Dernière édition par belzebuth23 le Mer 23 Fév 2011, 17:42, édité 2 fois
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Damien



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Mer 23 Fév 2011, 15:50

Bonjour,

Intuitivement, je savais que c'était le bon diagnostique pour moi et donc ça n'a pas été une surprise. Si ce n'est une bonne surprise dans un premier temps : je sais ce qui se passe. Dans un second temps, j'ai la même réaction que toi : j'en suis à mon 5ème livre sur le sujet. Et je réfléchis beaucoup à mon passé et à sa "relecture" au regard de ce que j'ai lu sur le sujet. J'en suis au début, et je ne pense pas que cela ait déjà changé mon comportement (difficile de le dire de l'intérieur).

Pour ma compagne, à qui j'ai beaucoup de mal à dire que j'étrais en cours de diagnostique d'autosme (j'aime pas ce terme) et qui y a participé ainsi qu'au verdict du diagnostic, cela doit la rassurer de savoir que xce n'est pas elle qui déconne. Et que je ne le fais pas exprès d'être souvent "absent" ou "à côté de la plaque". Mais nous ne parvenons pas à en parler, c'est horrible pour moi car je ne parviens pas à exprimer mes sentiments. Je pense que je vis lui écrire ce que je n'arrive pas à dire, car ça m'a l'air nettement plus facile : pas de réactions à interprèter, tout le temps de charcher les bons mots, ...

Ceci dit, j'ai déjà repéré quelques pistes pour apaiser les problèmes, à la lecture notamment du livre de Tony ATTWOOD et en observant les phases où je suis "insupportable" ou "absent" : ça ne va par exemple pas quand je suis fatigué, les "bons" jours sont ceux où j'ai dormi 9H ou plus la nuit d'avant. Je suis particulièrement sensible à certains contrastes lumineux (lumière trop dirigée), par exemple dans les magasins de vêtements où je me sens généralement très mal. Je suppose qu'au fur et à mesure je mettrai en évidence d'autres facteurs et arriverai progressivement à éviter ou atténuer les facteurs principaux...

Pour moi, la solitude est un sentiment que je ne connais pas. J'ai toujours occupé pleinement tout mon temps libre, que ce soit par des lectures, des activités dans les associations de conservation de la nature, des balades seul, ... Il est vrai que mon intérêt spécial pour l'environnement et la biodiversité est à la mode...
Même aller seul au cinéma ne m'a jamais posé de problème. La seule chose que je ne ferai pas volontairement seul, c'est aller au restaurant, bien que ce me soit arrivé en voyage professionnel. Ma vie intérieure, le foisonnement de questions que je me pose et de solutions à y apporter compense le fait d'être seul. A l'adolescence déjà, j'étais un solitaire par choix, probablement pour éviter les expériences douloureuses dont vous parlez, mais aussi parce que c'était tellement plus intéressant de lire des choses instructives que de parler bagnole, sortie ou filles avec les autres... Je me souviens de nombreux mercredi après-midi complèts à lire les revues d'aquariophilie ou les Science et Vie de mon père.

Ceci dit, je ne conçois pas la vie seul car la vie de couple apporte tellement de bonheurs : amour, enfants, sexe, ... Si seulement il y avait un mode d'emploi, ce serait tellement plus simple...

Damien.


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sandral



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Ven 25 Fév 2011, 10:23

Merci pour ta réponse Damien,
effectivement ce n'est pas simple ta situation. Je pense que d'abord il faut "dédiaboliser" le mot autisme, moi aussi ça m'a pris du temps. Puis il faut parler avec simplicité de tes problèmes car après 7 ans, elle doit très bien te connaître et beaucoup t'apprécier, sinon elle ne serait plus là.
Comme tu le dis "tu ne le fais pas exprès d'être comme tu es, c'est déculpabilisant d'avoir le diag et de pouvoir dire ça et de s'appuyer sur des lectures. A-t-elle lu aussi Tony Atwood?
j'ai appris dans un cour de psycho pour gérer les conflits que la meilleur façon est de pas accuser le partenaire, mais de dire en premier lieu ce qui me dérange et quels sont mes besoins et mes attentes.ça facilite la discussion car l'autre sera tenté de dire les siens.

Moi aussi quand le malaise est trop grand j'ai beaucoup utilisé les lettres. De longues tartines assez indigestes, je crois, faut pas être trop long, mais pas trop concis non plus.
Demande des conseils par MP à notre chère psy Irène, elle connait bien les sujet des couples aspis
Wink
C'est bien de savoir ce que tu ne supporte pas bien. Les magasins je comprends parfaitement, c'est une horreur. Quand on sort d'un maga on pousse toujours un ouf, et une grande respiration! Mon fils et moi on a aussi dur.La chaleur, la lumière, les gens qui se bousculent et la musique.

J'aime comment tu décris ton rapport a la solitude Merci beaucoup pour ton témoignage.
En fait si tu en est a ton deuxième couple, tu as une expérience précieuse pour beaucoup d'entre nous. Est- ce que ça te dérangerait de nous raconter comment vous êtes vous rencontré? Aborder quelqu'un et commencer une relation est la première étape la plus dure, non?
De même être papa, comment cela se passe pour toi? Tu sembles dire que ta petite a des traits du SA, lesquels?

je t'envoies plein de courage pour arriver à parler et à écrire à ta belle!
je pense que ton témoignage est précieux pour d'autres qui ont plus difficiles avec la vie sociale et avec les filles.

Je ne veux surtout pas être intrusive mais si tu n'as pas de gêne à en parler ici, tant mieux.

Cordialement
Sandral
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irene



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Mar 01 Mar 2011, 13:21

La vie des couples est riche mais ils ont souvent besoin d'un "traducteur" pendant des périodes plus difficiles de leur vie.
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cheekie



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Jeu 03 Mar 2011, 08:55

Bonjour

Je sors de mon mutisme pour venir vous rejoindre sur le témoignage de Damien.

C'est très interressant pour moi parce que quand Hugo a èté diagnostiqué asperger, nous avons compris aussi que mon mari avait des signes .
Nous en avons longuement discuté avec le pédopsy qui nous a dit que souvent on retrouvait des signes de traits autistiques chez les papas.Pour notre couple ce fut une révélation.Pour moi ce fut un vrai choc car je me retrouvais soudain seule face à deux aspis!!!!Mais du coup nous avons avancé...Surtout au niveau professionnel, mon mari n'a jamais eu de chances car ces relations au travail ont tjrs été difficiles , il ne parle pas beaucoup a part de ses passions ( dessin, cinéma,musique),et il ne sait pas trop tenir une conversation banale ( la météo, les enfants , la politique) de ce fait ses collègues le trouvaient froid et surtout en famille ( ma famille!!) le trouvait pas trés attachant, car ne montrait jamais ses émotions

Avec ton mari comme ton fils, on ne sait jamais si ils sont contents!! dixit my mother.

Depuis 1 an donc, notre petite famille est toute chamboulée.Je sais pourquoi je suis si attachée à mon mari , sa grande humanité, son détachement face aux petits problemes de la vie quotidienne et sa très grande sensibilité font de lui un être extaordinnaire.Je sais aussi pourquoi je me suis fâchée avec lui , je ne comprenais pas son attitude face à nos amis.Je ne comprenais pas pourquoi il était tjors dans son monde, semblait tellemnt détaché de tout alors qu'on était en société.Cela me gênait par rapport aux regards des autres car je sentais cette gêne qu'il engendrait.Aujourd'hui , il consulte et fait bcp d'efforts, il est motivé.

Je vais me réveiller dit il maintenant.J'ai subi les autres trop souvent aujourd'hui stop!!Et c'est vrai, il sort de sa léthargie et ne veux surtout pas que notre fils soit comme lui.C'est à dire torturé.Pendant des années il a été torturé dans son esprit car ne comprenais rien aux codes sociaux.Je me souviens d'ailleurs que des le début de notre rencontre il y a 15 ans , je l'avais appelé "mon extra terrestre".Je trouvais bizarre qu'il soit si demuni devant des gestes aussi banals que de serrer la main , faire la bise, offrir un cadeau ( j'ai du lui apprendre qu'il existait des fêtes comme le 1er mai en france et que c'etait bien d'offrir du muguet à ses proches pour cette occasion)
Il a beaucoup souffert car les autres se sont souvent fichus de sa poire le prenant pour un grand naif .
Et moi j'étais souvent en colere que les autres le prennent pour un grand naif.
Aujourd'hui on a enfin compris .On ne se laisse plus faire et on se bat pour Hugo.

Si c'etait à refaire, j'épouserai s de nouveau mon mari, nous aurions un enfant ensemble.Nous avons une vie extrement compliquée car nous avons le sentiment de ne pas venir de la même planète que les autres ( pourtant je ne suis pas asperger mais je me sens aussi différente).C'est pourquoi j'aime venir sur ce forum, car ici on peut rencontrer de belles personnes. Very Happy


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agnes



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Jeu 03 Mar 2011, 17:44

Bonjour,

Ayant enfin résolu mes difficultés de connexion au forum, je peux poster des messages...et m'immiscer dans les échanges sur le témoignage de Damien.

Je suis un peu dans la même situation que Cheekie (merci pour ton témoignage qui est très touchant, Cheekie): mon mari s'est effectivement retrouvé dans beaucoup de traits Asperger lors du diagnostic de notre fils aîné. Et cela contribuait à expliquer certaines de ses difficultés, notamment sociales.

Au delà des disparités de chaque personnalité, je retrouve des traits communs dans ton témoignage Damien: mon mari est brillant professionnellement, il a choisi une voie qui est une de ses passions (milieu artistique) et y réussit très bien. Lui et mon fils (qui a 16 ans) sont très intellectuels et cela a, sans aucun doute, été une aide précieuse pour contourner les inadéquations de leur personnalité au monde environnant. L'un et l'autre sont hyper passionnés et ne connaissent pas l'ennui...

Dans la relation de couple, beaucoup de choses interviennent qui rendent évidemment toute comparaison difficile et tout conseil hasardeux. Et en regardant autour de soi, on se dit qu'il n'y a pas besoin que l'un des deux soit asperger pour qu'il y ait des problèmes d'incompréhension...
Tout au plus, je peux parler de ma propre exprérience...En ce qui nous concerne, nous sommes adeptes d'une mise à plat claire et franche des divers problèmes et/ou incompréhension réciproques. Le fait d'analyser, de décortiquer les choses a le mérite aussi de les dépassionner. Et l'on peut changer son attitude en connaissance de cause. Pas si simple mais ça dissipe les malentendus. Encore faut-il que les deux conjoints soit conscients des problèmes et prêts à se remettre en cause. Personnellement, il y a des choses que je ne fais jamais car je sais que c'est difficilement supportable pour mon mari (par exemple, inviter 8 personnes à la maison...) et d'autres auxquelles je l'ai habitué en douceur et qu'il accepte maintenant tout à fait bien. De mon côté, il y a des côtés Asperger que j'apprécie beaucoup et qui me semblent un "plus".

La difficulté réside sans doute aussi dans le fait de comprendre l'autre. Mon mari a lu assez jeune, des ouvrages sur la psychologie féminine pour essayer de comprendre les différences, d'abord sur un plan intellectuel, et on en discute beaucoup aussi. Selon lui, l'une des choses qui le déroutait le plus est la variabilité émotionnelle qui nous caractérise (c'est vrai et ça m'a longtemps agacé moi-même!). Emotionnellement, nous sommes sans doute moins prévisibles...
Simon Baron-Cohen, un psychologue anglais, emet une hypothèse qui est intéressante et que je trouve assez pertinente: le syndrome d'Asperger serait un extrême du style cognitif masculin, caractérisé par une faible empathie et une grande focalisation sur le fonctionnement des "systèmes".

Il y a aussi un livre que je te conseille, Damien: "Laissez entrer les idiots" de Kamran Nazeer chez Oh Editions. C'est le témoignage d'un adulte anglais, haut fonctionnaire (il écrit des discours politiques) qui par à la recherche de des anciens camarades de maternelle, autistes. C'est lumineux car il a une façon d'analyser les choses, très intellectuelle qui est typiquement "asperger".

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belzebuth23



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Jeu 03 Mar 2011, 17:50

agnes a écrit:
De mon côté, il y a des côtés Asperger que j'apprécie beaucoup et qui me semblent un "plus".

agnes a écrit:
il a une façon d'analyser les choses, très intellectuelle qui est typiquement "asperger".

Bonjour agnes!
Pourrais-tu donner des exemples de côtés "asperger" et de la façon typique d'analyser les choses? je suis encore dans la découverte du syndrôme d'asperger et j'aimerais en savoir un peu plus!!
Merci!!
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agnes



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Sam 05 Mar 2011, 14:28

Bonjour,

Je peux donner quelques exemples de ce qui m'apparaît typiquement asperger, étant entendu que je ne suis pas une spécialiste. Ce sont plutôt mes impressions, à travers ma vie au côté d'Aspies et à travers mes lectures sur le sujet.
Quand je parle d'intellectualisation des problèmes, c'est surtout en référence à la façon de décortiquer et d'analyser les problèmes et situations. Pour donner un exemple, face à un coup de fil imprévu (par exemple un collègue de travail demandant de rappeler d'urgence concernant tel dossier) un Aspie aura tendance à anayser la situation, les tenants et les aboutissants, à faire des hypothèses, à imaginer différents scénarios plausibles et à conclure les implications des différentes hypothèses avant de rappeler la personne, afin de ne pas être pris au dépourvu. A l'inverse, beaucoup de personnes neurotypiques, prendront leur téléphone pour savoir de quoi il retourne, même avec appréhension, se faisant confiance pour improviser.
Mon fils, lorsqu'il était plus jeune, me disait souvent qu'il aimerait bien "débrancher" son cerveau le soir, pour pouvoir s'endormir...

Charles Darwin, dont on dit qu'il était peut-être Asperger, avait dressé une liste des bonnes raisons et des mauvaises raisons de se marier, avant de prendre sa décision...!

J'ai lu récemment un article d'Antonio Damasio, un éminent professeur de neurologie, qui travaille sur la prise de décision et le rôle de l'intelligence émotionnelle. A travers leurs recherches, les neurologues se sont rendu compte qu'il y a deux façons de prendre des décisions; nous aurions deux "routes" cérébrales: l'une basse, rapide, émotionnelle, l'autre haute, lente, rationnelle. A. Damasio s'est rendu compte que les deux voies sont indispensables à notre bon fonctionnement. Mais tout le monde ne les utilise pas dans les mêmes proportions. Là où cela se complique, c'est que cette intelligence émotionnelle s'apprend et se développe: le cerveau enregistre toutes les expériences passées sous forme de cartes insconscientes. Et lorsque nous vivons une situation nouvelle, ces cartes sont rappelées en mémoire pour chercher celle qui correspond le plus à la situation présente et élaborer une réponse adaptée.
Est-ce que les Asperger auraient une intelligence émotionnelle qui se développerait moins, du fait de leur manque d'empathie primaire? Cela expliquerait peut-être q'uils ne peuvent pas puiser alors dans des expériences passées pour trouver rapidement une réponse adaptée à la situation, devant s'en remettre à la "route" haute, lente et rationnelle...
Mais c'est peut-être une analyse un peu simpliste...
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valerie



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Dim 03 Avr 2011, 08:31

je me pose aussi bcp de questions concernant les futures études de mon fils
il voudrait être comme Léonard de Vinci , un homme de sciences et d'Art en même temps!!!!
vaste programme!!! Very Happy
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sandral



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Sam 18 Fév 2012, 10:19

Pour rappel je remets à jour ce beau témoignage de Damien, il y a un an , en 2011

Wink
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cheekie3



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Sam 18 Fév 2012, 19:31

Merci Sandral!
Oui c'est bien de relire ce type de témoignage, nos doutes disparaissent alors à nouveau quant à l'avenir .....

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sandral



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Sam 18 Fév 2012, 22:06


coucou Chekkie! J'aime ce témoignage. Il est positif et on en a bien besoin !

j'espère que tu vas bien, et que coté couple ça roule aussi flower

bizzz
Sandral
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ouvrelesyeux



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MessageSujet: Une vraie ressemblance ...   Mar 26 Juin 2012, 09:29

Comme je me retrouve dans ce que tu nous décris de toi, Damien !

Je serais très heureux de pouvoir échanger avec toi et savoir ou tu en es de ta relation amoureuse, savoir comment vous avez appris à vivre avec ça.

Sébastien
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océane10



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Mar 26 Juin 2012, 09:58

Comme ton fils Sandral, Martin (mon mari) est un grand passionné des trains ! Il a étudié la menuiserie. Aujourd'hui, Martin aide son patron en accomplissant toutes sortes de travaux manuels qu'il lui demande. Il nous rend énormément de services qu'il fait bien à la maison. Les professionnels, c'est cher !
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sandral



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Mar 26 Juin 2012, 19:41

Damien ne vient plus depuis longtemps malheureusement mais j'aime beaucoup son témoignage!

Océane, alors là si ton mari aime les trains , il va y avoir une grande rencontre planétaire entre deux spécialistes !!!!!!!!!!! Wink

a bientôt

Sandral
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océane10



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Mer 27 Juin 2012, 08:53

Je l'espère bien ! Mon mari a rempli le grenier de ses trains ! Il a un circuit de 20 mètres carré en tout m'a-t-il dit (en comptant les étages...) Il a des dizaines de locomotives et de wagons scratch J'ai dû me creuser les méninges pour qu'il arrête d'acheter des trains (il n'a plus de place). Alors, il s'est acheté une vieille voiture Laughing ! Je crois qu'il n'y a rien à faire, il a besoin de se passionner pour quelque chose.
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sandral



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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Mer 27 Juin 2012, 10:01

Mon fils a un circuit de trains électriques qui nous prend en "otage" toute une pièce (petite) de la maison... comme il y touche rarement , le circuit dort dans la poussière pale
il adore aussi les vieilles voitures !

alien
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MessageSujet: Re: Asperger diagnostiqué à 39 ans...   Aujourd'hui à 23:49

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Asperger diagnostiqué à 39 ans...
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