SYNDROME D'ASPERGER

Forum destiné aux personnes asperger ainsi qu'aux parents et proches d'enfants, d'ados et d'adultes présentant le syndrome d'Asperger
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Questionnement concernant un proche

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
lechalote



Nombre de messages : 4
Date d'inscription : 28/10/2014

MessageSujet: Questionnement concernant un proche   Mar 28 Oct 2014, 13:30

Bonjour,
C'est en discutant avec un ami dont le fils a été détecté Asperger que j'ai eu de plus en plus de doutes concernant le frère de mon mari. J'imagine qu'il est quasiment impossible de faire un diagnostic sur un mail, mais j'aimerais savoir si les éléments que j'ai observés pourraient aller vers un syndrome de l'ordre du spectre autistique (sachant qu'il y a déjà au moins une personne identifiée comme telle dans la famille de mon mari).
Si je me pose la question, c'est que mon mari et son frère viennent de perdre leurs parents, et que mon beau frère vit à l'étranger avec ses trois enfants (sa femme qu'il avait suivi là bas est décédée elle aussi il y a trois ans). Si je me pose la question, c'est pour savoir quelle est la meilleure attitude à adopter pour les aider sans nous "noyer", car j'ai parfois l'impression de vivre une non relation épuisante, qui me met parfois très en colère contre lui. Savoir que tout cela n'est pas de la mauvaise volonté mais de l'incapacié pourrait m'aider à gérer la situation.
J'en viens au fait pour les exemples de vie:
- Il ne parle quasiment plus depuis ses adolescence (c'est mon mari qui traduisait ses mots pour que les autres comprennent)
- Un génie de l'informatique et des maths qui reste branché sur son PC en 24x7
- Il appelle la sécurité sociale et s'annonce : allô, c'est moi (il donne son prénom)
- Il rit souvent sans qu'on sache pourquoi, souvent au lieu de répondre à une question
- Aucune hygiène ou le strict minimum, zéro rangement, ne va pas à la poste chercher le courrier ni les cadeaux de Noël des enfants, ne signe aucun papier, vit de ....on ne sait pas quoi.
- Je lui avais trouvé un contrat de travail qu'il pouvait faire depuis l'étranger, il l'a exercé, jusqu'à ce que ça l'ennuie, et qu'il arrête. Il a fallu le tanner pour qu'il envoie des factures.
- La voiture que ses parents lui avaient donné est restée sur un parking un jour, à se dégrader, il ne s'en est pas servi car acheter des plaques d'immatriculation était trop compliqué (ou cher je ne sais plus)
- Ne dit rien sur sa vie, ne relance aucune conversation, s'assied à l'autre bout du jardin quand je suis là (mais pas d'hostilité, enfin je ne crois pas)
- Ne pense pas à mettre un drap sur les lits, des couvertures suffisent,
- J'ai retrouvé une lettre qu'il a écrite adolescent à ses parents : c'est une succession de nombre d'assiettes et de couteaux achetés et leur prix, et à la fin il demande qu'on lui envoie des cuillers (en gros). Rien, pas un mot de personnel
- Capable de préparer un plateau sompteux pour un apéritif mais incapable de nettoyer une table ou de vider les poubelles (on en a retrouvées plein le jardin de la maison de leurs parents après leur passage en plus d'un bordel incommensurable)
- Le jour de l'enterrement de sa mère cet été, il a suivi la famille à l'église...en oubliant sa fille qui était avec moi et mes enfants, il n'est pas venu nous prévenir qu'ils partaient!
- Peut chipoter six mois sur un millimètre pour la taille de la pierre tombale de ses parents et reprendre tous les plans à l'infini
- Si on est en désaccord : j'ai un mur en face de moi, un mur total, zéro échange, il est campé sur ses positions, ne révisera jamais son point de vue
- N'appelle jamais, ne dit rien au téléphone, on ne sait même plus si il est en ligne
- S'il doit venir en vacances ne prévient pas, quand il fait 2500 km avec ses enfants (il dort sur des aires d'autoroute!!!) n'appelle pas non plus pour dire qu'il est bien arrivé

J'en passe, des dizaines.
Je me suis demandée s'il était drogué, ou manipulateur, mais rien ne colle vraiment. Il est droit, honnête, parfois dur quand il se transforme en mur, il adore ses enfants c'est net aussi, mais il est incapable d'exprimer quelque sentiment que ce soit, c'est aussi très clair. Et il est simplement épuisant. Epuisant, c'est la sensation qui domine je crois.

Merci beaucoup par avance de vos retours, avis, conseils....
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
sandral



Nombre de messages : 1299
Date d'inscription : 08/03/2007

MessageSujet: Re: Questionnement concernant un proche   Mer 29 Oct 2014, 19:03

Bonjour
hou là là très difficile de dire quoi que ce soit!!
y a des points communs mais on ne peut pas se prononcer ici!!

des personnes en marge et coupées socialement et émotionnellement y'en a tellement de toutes sortes qui ne sont pas aspi pour autant !

c'est sûr qu'il vous déconcerte et que la communication doit être très compliquée donc très épuisante
lui avez- vous dejà demandé  s'il voulait vous voir ou vous entendre,et quels sont ses besoins et ses points d’intérêts et ses sources de revenus? s'il se sent bien ou a envie ou besoin d'une aide?

par ailleurs avez -vous d'autres contacts avec d'autres personnes qui le connaissent ? et surtout s'ils savent quel genre d'enfance il a eu, s'il a un minimum de vie sociale,..
si votre soeur a eu une vie de couple heureuse avec lui et ses deux enfants
s'il vit a temps plein avec deux enfants c'est qu'il s'en sort niveau échange et responsabilité tout de même...

peut- être que les decès qui ont frappés cet homme l'on peut être plongé dans un complet désarroi voire dépression qui le pousse à un total detachement , laisser- aller et désintérêt des conventions et contacts sociaux...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
lechalote



Nombre de messages : 4
Date d'inscription : 28/10/2014

MessageSujet: Re: Questionnement concernant un proche   Ven 31 Oct 2014, 17:10

Bonsoir Sandral,

Tout d'abord je vous remercie pour votre réponse. Je lui ai demandé s'il avait besoin d'aide, s'il va bien, et non il n'a pas besoin d'aide, oui il va bien. Les réponses sont claires et courtes, mais franches.
Concernant ma belle soeur, elle avait un caractère tellement particulier dans le genre hystérique, que je ne peux pas dire non, qu'elle ait eu l'air épanouie, mais l'aurait elle été de toutes façons avec qui que ce soit?
Je vous rejoins sur le fait qu'il s'en sort bien avec ses enfants (et avec trois enfants qui ne vont pas si mal, loin de là étant donné les circonstances).
Je crois que j'ai pris une bonne dose de stress ces derniers temps, mais dans le fond, oui, je pense qu'il y a une part d'autisme, et non, je ne vais pas m'inquiéter plus que ça, parce qu'il assure les bases pour ses enfants, même si certaines choses me semblent tellement hallucinantes que je me demande comment c'est possible...
Il ne pense pas à appeler quand il a fait 2500 km n voiture pour rentrer chez lui...tout le monde hausse les épaules d'un air fataliste : "Il est comme ça...;"
Je vais donc cesser de m'inquiéter à outrance pour quelqu'un qui certes ne fait rien comme tout le monde, qui oui, a probablement une forme d'autisme dans sa façon de fonctionner , mais ne s'en sort pas si mal eu égard aux circonstances, qui oui, ont du le choquer énormément.

Merci encore de votre temps pour me répondre, c'est précieux
Amicalement,
Lechalote
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
irene



Nombre de messages : 583
Date d'inscription : 02/09/2006

MessageSujet: Re: Questionnement concernant un proche   Lun 03 Nov 2014, 10:59

On intervient rarement quand il n'y a pas de souffrance de la personne ou de ses proches...

Pensez à vous et réservez votre énergie pour vous...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
lechalote



Nombre de messages : 4
Date d'inscription : 28/10/2014

MessageSujet: A irène   Lun 03 Nov 2014, 18:02

Merci Irène pour votre réponse. En effet, il y a, il y a eu souffrance.
A commencer par mon mari que je voyais se taper la tête contre un mur en béton ces derniers mois (après avoir bien subi toute son enfance aussi). Pourquoi il n'appelle jamais? Pourquoi alors qu'on lui paye ses vacances n'est-il pas foutu de dire qu'il est bien arrivé? Comment peut il me laisser tout (le décès de leurs parents) gérer seul sans jamais proposer de l'aide ni appeler? Et plus difficile, pourquoi ai-je dû le relancer dix fois pour qu'il vienne voir sa mère avant qu'elle ne parte (il n'a pas revu son père vivant).

Une souffrance qui remonte à loin, à toujours, tant ce frère "absent" prenait de place. C'est à lui le cadet, qui était le seul à l'accepter comme il est et à pouvoir lui parler, de trouver pour ses parents des réponses...à un problème qui n'a jamais été posé.
C'est à lui qu'on reprochait de traduire ce que disait son frère alors que personne ne comprenait un mot tellement il marmonnait. On lui reprochait de "vouloir prendre toute la place". Quel comble. Pour un peu, il aurait été responsable de la situation. Oui, ça en fait de la souffrance à déblayer.

Refusant de voir la différence de ce frère, c'est à lui, qui parlait, que sa mère reprochait des choses comme "Mais pourquoi vous habillez vous comme des clochards?" (Non, moi, je suis propre, regarde). Vu comme ça, on aurait donc bien tenté de lui coller cette responsabilité en filigrane d'ailleurs... Son anniversaire jamais souhaité le bon jour, son père qui vient nous voir à la maternité pour notre premier bébé en gardant son manteau sur le dos parce qu'il va au théâtre, et ne parle à mes parents sidérés que des exploits de son frère pendant une demi heure...ce genre de "détails".
Mon mari a appris à ne plus voir ni entendre du tout ces choses là, comme s'il se mettait "en veille". Il me disait "Ah bon? Tu es sûre? Je n'ai rien entendu". La souffrance était trop grande, oui, je crois.

Même à l'école, ses profs l'appelant par le nom de son frère, l'humiliant quand en sicences il n'était pas à la hauteur de cet aîné "génial". Il était doué en histoire géo (mais il est doué en tout, je n'exagère pas , avec une mémoire phénoménale et une sensibilité et une intuition hors pair)? Quelle importance dans une société où seuls les maths sont valorisés...

La colère qui s'en est suivie a été elle à la hauteur...encore que, pas tellement en fait. Il l'a surtout beaucoup retournée contre luimême faute d'être entendu par qui que ce soit.

Dans cette équation ubuesque tissée sur le déni, il était totalement oublié, tant l'angoisse de leur mère était grande face à ce qu'elle pressentait sans pouvoir le nommer (tout va très bien, madame la Marquise, surtout quand on est un génie de l'informatique en 2000, avec un père pour lequel seule l'image sociale compte et une mère qui s'interdit le droit d'avoir un avis).
Mais voilà, tout n'allait pas bien.

Un diagnostic, même à "l'arrache", nous permet de poser ceci : "Il y A et il y a toujours eu un énorme problème, un gigantesque éléphant dans le salon qui a pris toute la place, quelque chose dont nous n'avons pas la clé. Et ça nous permet de dire que nous ne pouvons pas attendre de lui des (ré)actions "normales", ni calquer nos réactions ou émotions sur ce qu'elles seraient face à une personne "normale" (si tant est que la normalité existe, vaste débat, bref). En tous cas, il y a une incapacité réelle à exprimer ses émotions et à effectuer le moindre acte pratique, sans intention de nuire."

Donc on ne se met pas en colère, on le guide comme un enfant avec douceur et autorité, et sans jamais renoncer pour chaque acte pratique qui doit être fait (et dans le cas d'une succession, il y a deux trois trucs à faire, surtout quand l'un des deux est à l'étranger, allergique à la paperasse, ne va pas à la poste, ne lit pas ses mails et ne répond jamais au téléphone...), et on se dit que pour le reste...ça devrait aller.

Je n'y laisserai pas mon énergie. Ou plus en tous cas.

Quand il m'a dit, après que j'aie passé trois ans à soutenir mon mari dans ses déplacements à l'hôpital, à nettoyer les affaires de leur mère, à l'aider à sortir ses parents de l'hôpital pour qu'ils passent leurs denriers Noël ensemble ou avec nous, deux mois à ranger la maison de leurs parents avec mon mari pour qu'elle soit belle quand il viendrait avec les enfants, à trier leurs affaires, à insister pour que mon mari l'appelle pour qu'il revienne en France, à préparer ma maison pour les recevoir, à préparer le repas d'enterrement, à contribuer deux fois à payer leurs vacances pour que les enfants respirent un peu, à faire la bonne à nettoyer cette maison après chacun de leur passage et pendant qu'ils étaient là, à vider ses poubelles, y compris celles qu'il avait laissées dans la jardin en plein mois d'août (je passe les détails), quand il m'a fait comprendre que je n'étais pas concernée par la situation et qu'il a eu le culot de me dire "prend du recul" et de dire à mon mari que je n'étais pas concernée, je lui ai juste répondu " je t'emmerde".

Concis, pas le genre de personne avec qui ont fait des discours, n'est-ce pas. Je sais que c'était une maladresse de sa part, mais j'ai mes limites, moi aussi.

Et ça s'est arrêté là.

Mais je vous confirme que je suis épuisée. Mettre au jour ce genre de choses pour la personne avec laquelle on vit n'est pas simple, mais c'est salvateur. Ça éclaire le passé, ça donne des indications sur la route à suivre. Maintenant que c'est fait, je crois que nous allons pouvoir gérer la suite plus "sereinement". Tout en gardant un contact aussi régulier que possible avec ces trois enfants qui ont des ressources décidément incroyables...

Pardon, je m'attendais pas à écrire un tel fleuve, donc oui, il y a souffrance, en effet ;-). Encore merci de votre réponse.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
irene



Nombre de messages : 583
Date d'inscription : 02/09/2006

MessageSujet: Re: Questionnement concernant un proche   Mar 04 Nov 2014, 19:06

Votre image de l'éléphant est belle. Un éléphant ne passe pas dans une porte ordinaire. Mais ceux qui doivent vivre autour doivent le guider sans contrepartie... sans merci... sans sourire...
Votre mari a beaucoup donné, c'est un grand homme.
Bon courage.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
lechalote



Nombre de messages : 4
Date d'inscription : 28/10/2014

MessageSujet: Re: Questionnement concernant un proche   Mar 04 Nov 2014, 21:10

Le message est transmis et reçu avec émotion. Oui, c'est un grand homme, une magnifique personne, j'ai beaucoup de chance,
Ce n'est pas tant de courage dont nous avons besoin que d'un cœur grand ouvert chaque jour, et on s'y emploie, chaque jour Smile
Je vous embrasse!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Questionnement concernant un proche   Aujourd'hui à 19:49

Revenir en haut Aller en bas
 
Questionnement concernant un proche
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» parler de la mort d'un proche aux petits
» Appartement à louer proche de l'IUT
» Ile des pins - l'île la plus proche du paradis
» Recherche remplaçant(e) dans l'Aisne, proche frontière belge
» Petit blues et questionnement sur la prise de sang

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
SYNDROME D'ASPERGER :: Questions à Irène-
Sauter vers: